une fille

décembre 7, 2011 at 11:35 (Uncategorized)

Une fille de treize ans tombe amoureuse d’un professeur quinquagénaire..Premier amour – Mo
Je n’avais pas treize ans, ni d’autre originalité que l’obsession de paraître originale, et la conviction profonde que je l’étais.Et ne l’étais-je pas en effet ? Je ne croyais pas en l’amour.
Je ne croyais pas au désir.Et partant, je méprisais ces considérations. Étais-je seulement lucide ? Je me moquais de mes camarades qui cherchaient à se plaire.La coquetterie, la séduction, étaient pour moi puériles et ridicules.
Comment ne comprenaient-elles pas, ces piètres imitations de femmes, ces maladroites marionnettes fardées, empourprées et grimaçantes, que la beauté ne pouvait provenir de l’artifice ? Que la beauté, c’était la vérité ? La vérité d’un visage imparfait, d’un corps deviné, imaginé, et non transformé de pantalons trop moulants, de soutiens-gorge rembourrés ? La mode était un enfantillage, un caprice de gamine sans personnalité.C’était la personnalité nue, exhibée, naturelle qui, dans sa franchise, dans sa
cesseJe n’étais pas embarrassée d’expliquer pourquoi ces poupées factices plaisaient aux garçons, tandis que je devinais leurs moqueries à mon égard.C’est que l’émotion suscitée chez le garçon était elle-même factice.Le garçon n’était pas honnête avec lui-même. voyance en ligne
Imbibé de préjugés esthétiques et du souci des « nécessités » du paraître, le garçon négligeait ses épanchements spontanés pour calquer son regard sur le personnage qu’il devait jouer afin d’obtenir, d’un côté les grâces convoitées d’une fashion-victim, de l’autre le respect, corollaire, de ses amis.
Et si je ne plaisais pas, eh ! C’est que je n’avais jamais cherché à plaire.Je l’ai dit, je ne croyais pas en l’amour, ni au désir.

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